Chapitre II

Le Bouclier Naturel : Notre Raison

 

Extraits du Chapitre II (L’Eveil Spirituel Rationnel) 

 

Le cadre naturel des choses présenté nous disposons au moins d’un outil efficace afin de conquérir éventuellement une plus grande Liberté voire même Vérité. Et bien sûr cet outil est notre Raison. Sans l’utiliser, sans tenter de la faire jouer il est certain que nous sommes en partie aveugles. Elle contribue à notre progression, amélioration et évolution. Mais elle appelle tout de même quelques observations. Car lorsque nous découvrons quelque chose de nouveau ou de différent, ou que nous sommes confrontés à un nouvel enseignement nous permettant éventuellement de changer, il y a généralement 3 situations représentant chacune un handicap particulier avant que nous puissions effectivement évoluer grâce à notre Raison.

 

- Le premier handicap est qu’intellectuellement il se peut tout que nous ne soyons pas en mesured’avoir accès à la compréhension ou à la richesse d’un enseignement. La compréhension nous échappant, nous passons donc tout simplement et totalement à côté et n’en retirons rien. Celui-ci nous dépasse. D’évidence tenter d’enseigner des mathématiques supérieures ou spécialisées de niveau bac + 6 à un enfant de 4 ans est perdu d’avance. Mais un réel étudiant ayant tout le parcours scientifique suffisant pour accéder à ce niveau d’enseignement, après un effort est en mesure d’y avoir accès. Aussi basique que cela puisse paraître et évidemment avec une situation volontairement extrême comme celle-ci, il n’y a pas de problème de compréhension de ce possible premier handicap. Mais bien d’autres situations plus subtiles ou moins grossières peuvent se présenter et couver tout à fait le même problème de fond. D’ailleurs une part de fainéantise, d’absence de volonté ou même d’impossibilité immédiate peut également être inclus dans ce premier handicap. Par exemple et bien en tête le chapitre précédent, pourrions-nous tous comprendre intellectuellement de tous nos maux psychologiques ? D’emblée la réponse est non. Car il faut d’abord tous les identifier (maux conscients et inconscients), analyser tous leurs rouages psychologiques, leurs sources, leurs explications et ensuite trouver la ou les solutions simples ou plus complexes que ces maux requièrent. Sans travail personnel, sans effort, sans volonté de le faire il n’y a pas de surprise quant au succès ou à l’échec envisagé. Ca sera bien un échec. Et cela fait partie du combat que chacun est libre de mener ou non par l’exercice de son libre-arbitre. En résumé la capacité intellectuelle comme premier handicap possible doit donc être comprise certes au sens strict et d’une façon simple, mais aussi dans un sens plus large et plus subtil où il n’est pas toujours possible de la faire jouer du moins immédiatement.

 

- Le second handicap est par nature différent. Lorsqu’un enseignement nouveau rentre en conflit avec nos croyances, idées, intuitions, sentiments, la première réaction instinctive réflexe est la suivante : le rejet. Cet élément a d’ailleurs fait l’objet d’un développement au point I-3 b) du chapitre I concernant nos dogmes.Mais il arrive heureusement que nous ne restions pas nécessairement à ce premier stade du déni. Les raisons peuvent d’ailleurs en être variées : Obligation imposée par l’extérieure de poursuivre, Nécessité de poursuivre, Ouverture d’esprit, Curiosité, etc. Et il peut même se produire une acceptation de voir nos croyances modifiées suite à cet enseignement nouveau. Lorsque de notoriété publique et scientifique notre planète était reconnue comme plate, les personnes de l’époque n’avait aucune difficulté à se le représenter et n’importe qui venant arguer une chose différente aurait été tout de suite considéré comme ignorant, aliéné, voire au pire un probable cas de possession ou de sorcellerie. Néanmoins nous savons aujourd’hui qu’il n’y avait rien de plus faux. L’insaisissabilité d’un tel état de fait, l’impossible représentation mentale d’une situation où la Terre est en réalité ronde, était accentuée par le fait qu’ils n’avaient aucune connaissance de la force gravitationnelle nous permettant de ne pas ‘‘tomber’’ dans l’espace et d’être rattaché à la planète du fait de sa masse. Mais sans cette connaissance, on peut comprendre pourquoi il était difficile d’imaginer marcher sur une boule. A l’échelle de l’humanité, on considérait encore jusqu’à hier que la matière était quelque chose de bien réelle et concrète. Cependant la physique quantique qui est l’étude de l’infiniment petit, au mieux permet de relativiser très sérieusement cette affirmation, au pire de radicalement la rayer comme fausse. Ces deux exemples sont simples, faciles à se représenter et dans lesquels la science a réussi à corroborer. Le handicap du rejet se manifeste parce qu’une autre croyance déjà présente entre en contradiction avec la nouvelle. Mais encore une fois, il existe bien des situations plus subtiles dans lesquelles ce handicap est présent et moins mis en évidence. Qu’en est il par exemple de toutes croyances ne pouvant pas ou peut être pas encore, être prouvées scientifiquement parlant ? Qu’est ce qui permettrait à un individu de changer ses croyances sur une puissance divine par exemple ? Dans les deux exemples précédents l’objectivité scientifique et démontrable de la croyance nouvelle s’impose à tout individu. Mais lorsque c’est plus subjectif ou qu’il n’existe pas d’éléments suffisamment probants objectivement, la croyance de l’individu ne se voit confrontée à rien pour évoluer dans un sens ou dans un autre. Elle stagne. Et parce qu’il n’y a rien qui se confronte directement à elle, elle en trouve d’autant plus sa justification ou légitimité à exister. C’est comme si elle arrivait à se justifier elle-même puisqu’il n’y a rien qui puisse la contredire. (Ou rien encore du moins). Or ce raccourci est bien sûr faux. En résumé les croyances de chacun et particulièrement lorsque celles-ci ne peuvent pas être encore validées ou infirmées, agissent comme un rempart face à d’autres croyances qui pourtant et hypothétiquement, pourraient bien être plus proches de la vérité. Mais certes il est très difficile de complètement pouvoir faire abstraction de ses propres croyances afin de se pencher sérieusement et honnêtement sur un enseignement nouveau différent ou contraire.

 

- Le troisième handicap dispose quant à lui d’une spécificité tout à fait particulière. Et cette spécificité fait que l’enseignement peut ne pas s’acquérir immédiatement. En fonction de la nature de ce dernier, celui-ci pourrait n’être que parfaitement intégré et compris que s’il est appréhendé par l’expérience, par le vécu, par l’émotionnel et non plus simplement que par l’aspect purement intellectuel. En d’autres termes, une fois l’expérience faite nous comprenons effectivement pleinement ce qu’il y avait à retirer pour évoluer. Et tant que cette phase n’a pas été traversée, l’essence profonde de l’enseignement, même si intellectuellement peut être appréhendée n’est pas maîtrisée émotionnellement. La part de l’émotionnel est donc importante ici et est justement le point crucial à considérer. Car c’est justement l’impact, la profondeur de l’émotionnel, qui va déterminer le niveau d’apprentissage atteint. On peut par exemple donner une définition de l’amour. On peut le développer et le détailler de manière excessivement rigoureuse dans tout ce qu’il implique, telle que la dévotion, le dévouement, le sacrifice pour autrui, etc. On pourrait peut être même l’expliquer scientifiquement parlant au niveau des réactions chimiques de l’organisme. Voire même peut être absolument tout comprendre sur sa nature ainsi que scientifiquement. Mais même comme cela, il est clair que si nous ne l’expérimentons pas, il ne sera pas véritablement mesuré, intégré et compris comme il se doit. En résumé cet enseignement émotionnel représente bien autre chose que l’enseignement purement intellectuel. Peut être même représente t il une étape bien plus importante.

 

Chacun de ces 3 principaux handicaps à une part à jouer bien souvent dans toute expérience, ou situation que nous rencontrons. Et ils mixent, se mélangent et rendent plus difficile l’accès à la liberté, voire à une vérité. Pour pouvoir lever un coin du voile sur cette dernière, force est donc de constater qu’on ne peut recevoir un enseignement quel qu’il soit si l’on n’est pas en mesure de l’accepter et/ou de le comprendre.

 

(…) 

‘‘L’homme Libre est celui qui ne craint pas d’aller jusqu’au bout de sa Raison’’ 

                                                                                                                      Jules Renard 

‘‘Croyez ceux qui cherchent la Vérité, doutez de ceux qui la trouvent’’ 

                                                                                                                      André Gide